Bienheureux Henri Suso
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Puisque notre communauté effectue une visite à Constance, où est né le dominicain Henri Suso (1295-1366), un des grands mystiques rhénans, voici un extrait d’un de ses ouvrages majeurs et un des plus populaires au XIVème et XVème siècles, L’Horloge de la Sagesse. Dans le prologue il écrit ceci :
« Aimez le Seigneur dans sa bonté, et cherchez-le dans la simplicité de votre cœur, car il se laisse trouver par ceux qui ne tentent pas et se manifeste à ceux qui ont foi en lui » (Sg 1, 1-2). Autrefois dans l’église primitive, la Sagesse divine apparut souvent et de bien des façons à ses élus, et elle illumina de sa lumière les âmes de ceux qui, fervents d’esprit, servaient le Seigneur « dans la sainteté et la justice en sa présence » (Lc 1, 75). Alors, en effet, Dieu avait envoyé « un feu d’en haut dans leurs os » (Lm 1, 13) et leurs cœurs devinrent tout brûlants de l’ardeur de la charité : au dehors se répandait la flamme d’œuvres brillantes et d’exemples efficaces. Cherchant le Seigneur dans la bonté et la simplicité de cœur, ils n’avaient aucun souvenir des affaires du siècle. Mais pleurer les péchés, tendre vers les choses divines, se dominer, « réduire leurs corps en servitude » (1 Co 9, 27) et s’attacher continuellement à la seule Sagesse éternelle, c’était là tout leur souci et toute leur visée.
Mais hélas ! dans les temps actuels, le monde vieillissant déjà, cet amour divin s’est tellement refroidi dans les cœurs de beaucoup qu’il est presque éteint et qu’on en trouve peu qui s’efforcent à la piété, cherchent un nouvelle grâce qui les réchauffe, se réjouissent lorsque souffle le vent du Sud, d’être plus fréquemment inondés d’une pluie de larmes, cherchent la joie de la visite divine et de la parole d’en haut ; mais attentifs à l’étude de la vanité, « aux généalogies sans fin » (1 Tm 1, 4) et aux délices corporels, ils sont liés par une torpeur mortelle. Cependant la Sagesse divine, soucieuse du salut de tous, désirant toujours délivrer ses élus de ces maux, entend principalement dans le présent ouvrage, non pas informer les ignorants – « la terre est déjà remplie de la science du Seigneur » (Is 11, 9) -, mais rallumer ceux qui sont éteints, enflammer les froids, émouvoir les tièdes, provoquer à la ferveur ceux qui ne sont pas fervents et exciter à la vigilance des vertus ceux qui dorment du sommeil de la négligence. C’est pourquoi la clémence du Sauveur a daigné montrer le présent opuscule en vision sous la forme d’une très belle horloge, décorée de magnifiques roses et ornée d’une variété de timbres sonores, rendant un son doux et céleste et élevant tous les cœurs. »
Voici un aperçu de celui qui fut également un disciple attentif de l’œuvre et des écrits de Maître Eckhart.
Frère Joseph de Almeida Monteiro op
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