In unitate fidei

Tombeau des Ducs de Bourgogne, Dijon

Le 23 novembre dernier, solennité du Christ Roi, le Pape Léon XIV a publié une lettre apostolique, à quelques jours de son voyage en Turquie et au Liban. Son déplacement prévoyait une rencontre qui a eu lieu à Nicée, avec nos frères orthodoxes et autres responsables religieux catholiques. C’est au pied des ruines de l’ancienne basilique que le Credo de Nicée-Constantinople a résonné, comme cela avait été décidé il y a 1700 ans, dans ce même lieu.

Voici quelques extraits de sa Lettre apostolique, In Unitate Fidei, à l’occasion du 1700è anniversaire du concile de Nicée :

            « C’est donc une coïncidence providentielle que, en cette Année Sainte consacrée à notre espérance qui est le Christ, nous célébrions également le 1700e anniversaire du premier Concile œcuménique de Nicée, qui proclama en 325 la profession de foi en Jésus-Christ, Fils de Dieu. C’est là le cœur de la foi chrétienne. Aujourd’hui encore, dans la célébration eucharistique dominicale, nous prononçons le Symbole de Nicée-Constantinople, profession de foi qui unit tous les chrétiens. Celle-ci nous donne l’espérance dans les temps difficiles que nous vivons, au milieu des craintes nombreuses et des préoccupations, des menaces de guerre et de violence, des catastrophes naturelles, des graves injustices et des déséquilibres, de la faim et de la misère dont souffrent des millions de nos frères et sœurs.

            Les temps du Concile de Nicée n’étaient pas moins troublés. Lorsqu’il s’ouvrit, en 325, les blessures des persécutions contre les chrétiens étaient encore vives. L’édit de tolérance de Milan (313), promulgué par les deux empereurs Constantin et Licinus, annonçait l’aube d’une nouvelle ère de paix. Cependant, disputes et conflits ont rapidement émergé au sein de l’Église après les menaces extérieures. »

            Plus loin le Pape souligne quelques éléments présents dans le Credo. Ainsi :

« Le Credo de Nicée ne formule pas une théorie philosophique. Il professe la foi en Dieu qui nous a rachetés par Jésus-Christ. Il s’agit du Dieu vivant : i veut que nous ayons la vie et que nous l’ayons en abondance. C’est pourquoi le Credo poursuit avec les paroles de la profession baptismale : le Fils de Dieu qui ´pour nous les hommes et pour notre salut est descendu, s’est incarné et s’est fait homme, est mort, est ressuscité le troisième jour, est monté au ciel et viendra juger les vivants et les morts’. Cela montre clairement que les affirmations christologiques du Concile s’inscrivent dans l’histoire du salut entre Dieu et ses créatures. »

            Des conséquences sont à tirer de cet itinéraire, dit encore la Lettre apostolique :

            « Le chemin qui a mené de l’Écriture Sainte à la profession de foi de Nicée, puis à sa réception par Constantinople et Chalcédoine et encore jusqu’au XVIe et au XXIe siècle, a été long et linéaire. Nous tous, disciples de Jésus-Christ, ´au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit´, nous sommes baptisés, faisons sur nous-mêmes le signe de la croix et sommes bénis. Nous terminons à chaque fois la prière des psaumes dans la liturgie des heures par ‘Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit´. La liturgie et la vie chrétienne sont donc solidement ancrées dans le Credo de Nicée-Constantinople : ce que nous disons par la bouche doit venir du cœur, pour être témoigné dans la vie. Nous devons donc nous demander : qu’en est-il aujourd’hui de la réception intérieure du Credo ? Avons-nous le sentiment qu’il concerne aussi notre situation actuelle ? Comprenons-nous et vivons-nous ce que nous disons chaque dimanche, et que signifie ce que nous disons pour notre vie ?»

            Puisse cette année 2026 qui s’est ouverte nous aider à répondre par nos actes et notre vie à ces interpellations que le Pape Léon XIV nous adresse.

Par frère Joseph de Almeida Monteiro, op

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